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L’histoire du village

La cellule primitive du village d’Eschentzwiller semble s’être développée dès l’époque mérovingienne sur la ligne de crête, aux abords de la voie romaine de Larga au passage d’Ottmarsheim-Chalampé. L’histoire indique une christianisation précoce, dès les VIIe-VIIIe siècles.

De « Ascholteswilre » en 1144 à « Cendreville » au XVIIIe siècle, le village a été baptisé d’une multitude de noms. Quant à son explication par « village réduit en cendres », elle relève de l’élucubration pure: Eschentzwiller n’était pas le seul village incendié au Moyen Age.

Clé de vouteLes armoiries d’Eschentzwiller, les clés de Saint Pierre, sont figurées sur la clé de voûte de l’entrée du clocher de l’église.

 

L’église est mentionnée pour la première fois en 1192. Elle était patronnée par les Chanoines du chapitre de la collégiale de St-Amarin. Le patromyne « SS. Pierre et Paul » est attesté pour l’an 1481.

Eglise

De l’ancienne église gothique subsistent les étages inférieurs, gothiques ; le rez-de-chaussée est roman. Le clocher fortifié, muni de meurtrières, a été rehaussé d’un étage en 1758. Il est aujourd’hui classé « Monument historique ».

Pour plus d’informations, s’adresser à la Société d’Histoire d’Eschentzwiller et de Zimmersheim :  [email protected]

  •  Fontaine publique du 18ème siècle

 Cette fontaine de forme hexagonale se trouvait initialement sur la place de la mairie. En 2012, lors de la réfection de cette place, il a fallu la démonter pour la mettre à un niveau supérieur. Certains panneaux étaient en très mauvais état dont deux d’entre eux,  irrécupérables. La municipalité décide alors de remplacer la fontaine par une copie conforme et de remonter l’ancienne, comme témoin du passé, au bas du village. La seule partie restée à sa place originelle  est le fût d’alimentation en eau, fût en calcaire datant  du 19ème siècle et portant  la date de 1867.

 Sur l’un des panneaux en grès est gravée la date de 1777 et sur un autre,  une inscription érodée par les intempéries. Seul un mot reste lisible : «Gott.» qui veut dire Dieu. De fait il s’agit d’un texte religieux.

 Durant des décennies voire des siècles, les habitants du village venaient  puiser l’eau pour leur usage quotidien et les chevaux s’abreuvaient. La fontaine était alimentée par les sources du « Helsenrieth » entre Eschentzwiller et Zimmersheim. L’eau arrivait par la rue Bonbonnière et Grand’rue, à l’origine dans des conduites en bois puis plus tard en terre cuite.  La commune  remplaçait  les tronçons détériorés chaque année.

  • La Première Guerre Mondiale à Eschentzwiller

Il y aura bientôt un siècle éclatait la Première Guerre Mondiale.

Eschentzwiller fut touchée comme une grande partie de l’Europe.

L’Alsace était allemande depuis 1871. Des milliers d’Alsaciens et Lorrains furent mobilisés dans l’armée allemande.

Le 31 juillet 1914, l’empereur Guillaume II proclame l’état de danger de guerre. La nouvelle est immédiatement affichée. Aussitôt les magasins d’alimentation sont pris d’assaut. Le pont du chemin de fer à Illfurth est détruit. Les autorités militaires réquisitionnent les stocks d’essence. La circulation automobile est limitée et le trafic fluvial interrompu. Le téléphone public est coupé et les cafés-restaurants doivent fermer à 22 heures. La censure est instaurée, la parution des journaux interrompue. Les tribunaux militaires entrent en fonction.

Le 1er août, la mobilisation est décrétée. Les premiers mobilisés partent le 2 août. On mobilise tous les hommes valides jusqu’à 43 ans.

Le lundi 3 août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France.

Mulhouse devient un enjeu militaire. Le 7 août, les troupes allemandes se retirent au-delà du Rhin.

Le 8, les Français entrent dans la ville. L’artillerie et des troupes françaises prennent position sur les hauteurs du Rebberg à Mulhouse, à Riedisheim, Rixheim et Zimmersheim.

L’armée allemande contre-attaque le 9 août sur le front Modenheim, Ile-Napoléon, Riedisheim, Rixheim et Habsheim. Les vignobles situés entre Habsheim et Rixheim sont bombardés. Les Français résistent à l’Ile-Napoléon  et à Rixheim, mais un bataillon allemand prend position sur le plateau de Zimmersheim.

Mulhouse est reprise par les Allemands le 10 août à 10 heures du soir. Mais, dès le 13 août, les meilleures troupes allemandes quittent la ville pour se rendre sur un autre champ de bataille : la Lorraine. Les Français occupent provisoirement la ville.

Le 18 août, Eschentzwiller est traversé par une colonne de réservistes allemands qui se préparent pour la deuxième bataille de Mulhouse. Le 19 août, Mulhouse est à nouveau occupée par les Allemands ; elle restera allemande jusqu’à la fin de la guerre.

La bataille pour Mulhouse fut l’opération militaire la plus proche d’Eschentzwiller. Par la suite, Eschentzwiller fut témoin des combats aériens occasionnés par la présence d’un camp d’aviation à Habsheim.

 

Les habitants d’Eschentzwiller subirent les conséquences de la guerre.

Vingt-et-un soldats originaires d’Eschentzwiller, ainsi qu’un civil, furent tués durant la guerre. Un habitant fut proscrit et condamné à seize jours de prison par les autorités allemandes.

Les stocks de blé furent confisqués et le pain, de plus en plus noir, fut rationné dès 1915. Les pommes de terre, d’abord distribuées à raison de 50 kg par famille, finirent par disparaître.

Les paysans subirent des réquisitions diverses : céréales, pommes de terre, œufs, fruits.

En 1916, la commune livra 317 kg de métaux aux autorités allemandes.

En 1917, les tuyaux de l’orgue Silbermann furent saisis, ainsi que les cloches de l’église. Cependant le Conseil de Fabrique put sauver la cloche Osanna datant de 1495.

Durant toute la guerre, les habitants d’Eschentzwiller durent loger des militaires allemands au repos.

En 1918, le village fêta l’armistice avec ferveur. Comme le note le curé Schmitt : « Une fois de plus on avait changé de nationalité ». Le maire nommé par les autorités allemandes fut remplacé par Joseph Fischer, élu par le conseil municipal. La première mesure de la commune fut d’instaurer un cours du soir pour les jeunes gens et les jeunes filles. On donna quatre heures de français par semaine entre Noël 1918 et Pâques 1919.

En décembre 1918, le village fut invité à un office pour les soldats français tombés pendant la guerre et pour les garçons d’Eschentzwiller morts sous l’uniforme allemand. « Et puis la vie reprit son cours habituel » écrit le curé Schmitt.

Cet article a pu être rédigé grâce à quelques livres et articles :

Cahiers d’un survivant de Dominique Richert, publié par La Nuée Bleue, en 1989

1914-1918, Journal de la Grande Guerre vécue à Mulhouse d’Auguste Zundel, publié par Jérôme Do Bentzinger Editeur, en 2004

Les poilus de Mulhouse à la crête des Vosges de Jean Checinski, publié par les Editions Coprur, en 1999

Eschentzwiller dans la tourmente de la Première Guerre Mondiale, article du curé Schmitt

Ces documents sont consultables à la bibliothèque d’Eschentzwiller au Dorfhüss.

Peut-être possédez-vous des documents ou des souvenirs concernant cette période. Nous serions heureux de partager avec vous cette mémoire de notre commune. Vous pouvez vous adresser à la mairie. D’avance merci.

Liste des morts de la Première Guerre mondiale :

BELTZ Eugène de Conrad                   KNOPF Xavier

BELTZ Eugène de Jean-Baptiste         MEYER Joseph

BROGLIN Jules                                    MIROT Joseph

HOFSTETTER Jacques                         OSTERTAG Célestin

JUD Alphonse                                     ROELLINGER Edouard

KIECHLER Joseph                                ROELLINGER Germain

KLEINHANS Henri                               ROELLINGER Joseph

KLEINHANS Martin                             SPENGLER Jules

KLEM Albert                                       TSCHULL Albert

KLEM Ignace                                      URICHER Joseph

KLEM Joseph

 

Victime civile :

LITZLER Joseph