Les incroyables comestibles vous expliquent

comment faire un compost
Pourquoi recycler les déchets du jardin et de la cuisine ?
Nous produisons beaucoup de déchets. Un tiers de nos poubelles sont des restes venant de nos cuisines sans compter les déchets du jardin. Ces déchets sont incinérés ou encore parfois stockés dans des décharges à ciel ouvert et sont sources de pollution. Parallèlement nous achetons des terreaux, compost industriel, engrais de type fumier et autres pour nos plantations.
Double dépense et double pollution.
Différentes techniques
Le compost est une transformation de matières organiques par des êtres vivants en présence d’air. Il peut se faire en tas, en composteur, en lombricomposteur ou au sol. Nous compostons habituellement à froid (la température du compost varie entre 20 et 40°C). C’est de cette technique dont nous parlons ici.

Le compostage :
. en tas convient au grand jardin avec des volumes importants de déchets
. en silos ou bacs convient au petit jardin ou au compostage collectif. Il vaut mieux les choisir de forme carrée pour pouvoir facilement mélanger lors de l’ajout de nouveaux déchets.
. en lombricomposteur ou vermicomposteur est utilisable en appartement ou au jardin (dans ce cas il doit être protégé du chaud l’été et des gelées l’hiver). Il est composé de deux à quatre bacs superposés dont le fond est ajouré et d’un bac de collecte en dessous pour le jus. Il produit rapidement un compost de qualité. Par contre il doit être surveillé pour recueillir le jus qui sera utilisé dilué pour arroser les plantes en été.
. sur sol ou comme dans la nature ou en paillis ou faire un mulch. Les déchets sont posés directement au sol. Les déchets de cuisine peuvent être couverts de déchets verts pour l’aspect esthétique. Les êtres vivants du sol (vers de terre, bactéries, champignons et autres insectes) travaillent la terre, l’aèrent, la fragmentent, l’enrichissent en humus en décomposant les déchets, rendent les éléments nutritifs des déchets directement assimilables.

Quels déchets composter ?
Les déchets de la cuisine et de la maison
• Epluchures de tous les fruits et légumes
• Croûtes de fromage
• Pain rassis
• Filtre et marc à café, thé et infusion en sachets papier
• Coquilles d’œufs
• Coquilles de noix, noisettes, pistaches, noyaux
• Algues
• Fleurs fanées, plantes vertes
• Serviettes et mouchoirs en papier, essuie-tout, rouleaux d’essuie-tout et de papier hygiénique, sacs papiers, boites à œufs en carton
• Plumes, cheveux, poils d’animaux
• Sciure, copeaux de bois non traités

Parmi ces déchets certains sont longs à se dégrader mais, pas de soucis, ils continueront à le faire dans les plantations. On peut aussi ajouter des cendres de bois mais en petites quantités.

D’autres déchets organiques (ex : viandes, poissons, crustacés …) peuvent aussi être compostés mais ils sont plus difficiles à maîtriser. Ils peuvent être source d’odeurs, de moucherons ou attirer les rats.

D’autres éléments ne se compostent pas comme par exemple les balayures de maison, les sacs d’aspirateur, les papiers et cartons imprimés, les emballages en plastique ou en polystyrène, les cendres de charbon, les gros os et coquillages.

Les déchets du jardin et des élevages domestiques
• Brindilles, petites tailles d’arbustes d’ornement, de rosiers
• Fleurs et plantes sèches
• Déchets du potager et du verger
• Feuilles mortes en petites quantités à chaque fois
• Tontes de pelouse en petites quantités à chaque fois et partiellement séchées
• Mauvaises herbes sans graines
• Tailles de haies sauf thuyas et résineux
• Mousses, fougères
• Fumiers de poules, lapins, moutons, chèvres, chevaux
• Foin, paille
• Ecorces
• Gros branchages et végétaux à décomposition lente broyés

Il est possible de composter les plantes malades, les racines des vivaces bien sèches, des pommes de terre coupées en morceaux, des résineux mais toujours en très petite quantité.

Il faut par contre exclure les plantes à graines (mauvaises herbes ou plantes envahissantes), les tailles de thuyas, cyprès, eucalyptus, genévrier.

Les clés d’un compost réussi et rapide : un équilibre entre les différents déchets, l’aération et l’eau

Les différents déchets organiques
Pour avoir un bon compost il faut un bon équilibre entre les éléments riches en azote et ceux riches en carbone.
Les déchets riches en azote (déchets verts) : les déchets de cuisine, tontes, déchets végétaux jeunes (fleurs, feuilles vertes, fanes), les fientes et déjections animales.
Les déchets riches en carbone (déchets bruns) : feuilles mortes, paille, bois âgé, papier et carton, aiguilles de résineux.
Les déchets équilibrés en azote et en carbone, en humidité et en dureté : les tailles de haies et d’arbustes à feuilles. Pour les décomposer facilement il est nécessaire de les broyer.

La bonne proportion carbone/azote :
2/3 de déchets verts
+
1/3 de déchets bruns
+
des déchets équilibrés à volonté

L’aération
Elle est indispensable pour produire un compost de qualité sans odeurs. Pour cela respecter les proportions des différents éléments et mélanger le compost à chaque fois que vous rajouter des déchets et utilisez des déchets bruns broyés comme les tailles de haie, les brindilles et petites branches qui organise des circulations d’air suffisante mais pas trop.

L’humidité
Trop sec le compostage se ralentit et l’on voit apparaître des champignons ‘(filaments blancs)
Trop humide l’aération du compost diminue et il y a fermentation.
Les composts en tas doivent toujours être bâchés mais pas de façon hermétique (l’air doit circuler !). Pour les autres, les installer à l’ombre d’une haie par exemple ou utiliser le couvercle pour éviter le dessèchement en été et l’excès d’eau quand il pleut.
Où installer son composteur ?
Le composteur s’installe à plat sur une terre argileuse, ou dans un trou sur une terre sableuse. Il se pose sur la terre nue de préférence sinon il faut récupérer le jus qui s’échappe et ajouter des vers rouges au compost pour que la décomposition se fasse.
Il vaut mieux placer le composteur dans un endroit ombragé l’été c-à-d à l’abri du vent et du plein soleil de la journée et dans un endroit facile d’accès depuis la maison.

• Quand commencer le compost ?
En général il vaut mieux le débuter au printemps ou en automne car c’est là qu’il y a le maximum de déchets.

• Durée de compostage
La première fois entre six mois et un an en fonction de déchets que vous avez mis. Les fois suivantes six mois environ suffisent si vous gardez un peu de compost pour réensemencer le suivant.
Dans le cas d’un lombricomposteur il faut 4 à 6 mois.

Comment reconnaître le compost mûr ?
Le compost mûr est de couleur sombre. Il est homogène. Son odeur est neutre ou proche de celle du sous-bois. Il est agréable au toucher plutôt grumeleux si sec. On ne reconnaît plus les déchets d’origine sauf ceux extrêmement durs comme les coquilles de noix ou des fragments de brindilles. Dans le compost mûr les vers rouges disparaissent car il n’y a plus rien à manger, les graines commencent à germer.
Un compost demi-mûr contient encore beaucoup de vers rouges. Il n’est pas homogène et contient encore des restes de déchets reconnaissables.

Comment utiliser le compost ?avril -mai 2016 393
Le compost est un fertilisant très précieux qui convient à tous les usages (aux plantations nouvelles, aux légumes exigeants du jardin, aux terres pauvres en humus, aux pelouses âgées, pour préparer la terre avant les semis, pour des semis en caissettes et les rempotages, …).
Le compost demi-mûr ne peut être utilisé qu’en paillis en début automne directement sur la terre et recouvert d’un autre paillis. Il finira sa transformation sur place.

Le compost se dépose sur le sol après avoir décompacté la terre à la griffe si nécessaire. Puis la terre est à nouveau griffée sur quelques cm pour mélanger en surface le compost et la terre. L’idéal est ensuite de pailler les sols.

Un compost enfoui profondément dans le sol est privé d’oxygène favorisant la production de produits toxiques pour les plantes et les microorganismes du sol et le développement de parasites comme les vers blancs, gris ou vers fil-de-fer. Les plantes sont alors fragilisées et plus sensibles aux maladies et aux pucerons.

Il peut être utile de vérifier l’acidité de votre terre pour garder un pH neutre nécessaire à une bonne vie du sol et des plantes car la plupart des plantes n’aiment pas un sol acide.

Bien sûr la terre de votre jardin va évoluer avec le temps même s’il faut plusieurs années pour en changer !

Vous voulez en savoir plus : Composts et paillis pour un jardin sain et productif de Denis Pépin aux éditions Terre Vivante.